« Je
ne pourrai plus sortir de cette forêt »… Ainsi
commence Pelléas et Mélisande de Claude
Debussy, d'après la pièce de Maurice Maeterlinck. Pelléas
et Mélisande est un drame de la jalousie, mais c’est
surtout un itinéraire, ou plutôt une errance,
psychique : ce n'est point tant dans une sombre forêt
que dans les infinis méandres de son cerveau malade
que Golaud se perd en rencontrant Mélisande. Unique
opéra achevé de Debussy, Pelléas et
Mélisande est un chef d’œuvre aussi
radical que Tristan. De son ouvrage, Debussy affirmait : « J'ai
voulu que l'action ne s'arrêtât jamais, qu'elle
fût continue, ininterrompue. La mélodie est antilyrique.
Elle est impuissante à traduire la mobilité des âmes
et de la vie. Je n'ai jamais consenti à ce que ma musique
brusquât ou retardât, par suite d'exigences techniques,
le mouvement des sentiments et des passions de mes personnages.
Elle s'efface dès qu'il convient qu'elle leur laisse
l'entière liberté de leurs gestes, de leurs cris,
de leur joie ou de leur douleur »…