Evgueni
Svetlanov était un monument de la musique russe.
Chef sans partage de l'orchestre symphonique d'État
d'URSS pendant trente-cinq années, il symbolisait
avec Evgueni Mravinski la pérennité de la tradition
russe malgré les vicissitudes politiques. Compositeur,
Evgueni Svetlanov l’a été à part
entière. Bien qu’il ait côtoyé Chostakovitch,
Prokofiev ou Khatchaturian, son style s’éloigne
de ses contemporains : il se disait assez
« conservateur », pétri de réminiscences
populaires et de cette spontanéité désarmante
dont témoignent ces Tableaux d’Espagne de
1961.
Composé par Ravel pour
le pianiste Paul Wittgenstein, qui avait perdu son bras droit
pendant la Première guerre mondiale, le Concerto
pour la main gauche (1932) est une œuvre sombre,
d’un seul grand souffle dramatique : la profusion
de l’écriture donne l’illusion que les deux
mains envahissent le clavier.
Etabli
aux USA, Dvořák
exilé a du mal à trouver ses repères dans
cette immense nation. Pourtant, le Tchèque est émerveillé devant
tant de nouveautés. Ce sera l’impulsion pour la
célèbre Symphonie du Nouveau Monde (1893) : « Il
me semble que le sol américain aura un effet bénéfique
sur mes pensées, et je dirais presque que vous entendrez
déjà quelque chose de cela dans cette nouvelle
symphonie »