HISTORIQUE
DE L'OPERA NATIONAL DE MONTPELLIER |
- 1721 : Jusquau milieu du 18 ème siècle, il ny a pas de théâtre à Montpellier. Les spectacles et les opéras sont alors joués dans les demeures des riches notables de la ville. En 1721 est créée lAcadémie de Musique. Cest Louis Armand de Vignerot du Plessis, Duc de Richelieu, nommé en 1745 " Premier gentilhomme de la chambre chargé des spectacles ", qui sera linstigateur du projet de construction dun théâtre. Il sinstalle à Montpellier en 1752 et le projet prend corps. Une fois lemplacement défini, lopération " salle des spectacles " peut commencer -
1755 : Le 22 décembre, Pyrame et Thisbé,
opéra de Rebel et Francœur,
inaugure le premier théâtre dont larchitecture
est signée Jacques-Philippe Maréchal.
Il comporte une salle de spectacle doublée dune
salle de concert perpendiculaire à la première :
cest une originalité montpelliéraine
que lon retrouve dans lactuel Opéra-Comédie. - 1788 : Le deuxième théâtre commence à fonctionner, reconstruit à lidentique après lincendie du premier. Mais en 1789, un début dincendie le détériore à nouveau. - Pendant la Révolution : Le théâtre sert à différentes manifestations : pièces de propagande, lieu de réunion pour les " amis de la constitution " - 1820 - 1821 : Adolphe Nourrit, né à Montpellier, y chante juste avant ses débuts parisiens. - 1850 : A partir de 1850, simpose la notion dartistes en représentation, des " stars " parisiennes paraissant lors des soirées de gala parmi les membres de la troupe permanente. Ainsi Rosine Stolz en 1856-1857, Marie Sarre en 1878, Célestine Galli-Marié en 1880 dans Les Dragons de Villars et Carmen quelle a créé en 1875. - 1880 : Le théâtre est, géographiquement et socialement, le cur de la ville. On y joue beaucoup, essentiellement l'opéra italien et français, dominé par Meyerbeer et Verdi, en labsence quasi totale duvres germaniques comme ailleurs en France. -
1881 : Dans la nuit du 6 au 7 Avril 1881, un incendie
détruit complètement le bâtiment :
rien nest récupérable. Un théâtre
provisoire (réalisé
en bois, en 59 jours et malgré cela dun luxe très
bourgeois), est construit sur le Champ de Mars devenu depuis
lEsplanade, et un concours est lancé pour la construction
dun nouveau bâtiment. Le premier prix est attribué
au projet " nourri dans le sérail "
de Joseph-Marie Cassien
Bernard. Ce jeune architecte a fait ses premières
armes auprès de Charles Garnier, dont linfluence
est sensible dans le développement luxueux des espaces "
de sociabilité " comme dans labondance
de la décoration de ce théâtre " à litalienne "
de 1200 places. La première pierre du nouvel Opéra
(actuel Opéra Comédie) est solennellement posée
le 14 juillet 1884. Il est inauguré en grande pompe,
mais dans les gravats, par une représentation des Huguenots,
le 1er octobre 1888, en présence du Maire
de la ville, M. Laissac. (Le théâtre
en bois brûle dans la nuit du 6 avril). Rien na
réellement changé dans lorganisation de
la salle de spectacles. Les sculptures sont luvre
de " quatre mousquetaires " : celles
de la façade arrière sont réalisées
par Avinaud, celle du boulevard de la Comédie
( actuel boulevard Victor Hugo) par Coste,
celles de la rue des Etuves par Jullian et
celles de la façade principale par Baussan.
Les travaux de grande sculpture, soit les quatre grandes figures
isolées en façade représentant symboliquement
le Chant, la Poésie, la Tragédie et la Comédie,
aujourd'hui démontées, ainsi que lhorloge,
sont confiés
à Antonin Injalbert. Les décors
peints sont répartis entre divers artistes : Arnaud
dUrbec exécute la coupole ; le foyer
et les trois coupoles des escaliers sont peintes par Ernest
Michel, conservateur du Musée de Montpellier
et Directeur de lEcole des Beaux-Arts. Ernest Michel
choisit des thèmes symboliques : la Voie lactée,
le Jour et lAurore, supposées être propices
aux poètes, dramaturges et musiciens, placés
sous la protection dApollon. Les décors des panneaux
du foyer, quant à eux, sont exécutés par
les élèves de lEcole des Beaux-Arts de
la Ville. Un cahier des charges très élaboré stipule
les devoirs de chacun et règle la vie lyrique. Ainsi,
dès 1899 , les femmes doivent laisser leur chapeau
au vestiaire, pour ne pas entraver la visibilité des
autres spectateurs ! Les commissaires de police interviennent
fréquemment pour faire évacuer les lieux à la
suite dincidents en tous genres (fauteuils brisés,
bagarres, strapontins arrachés
). La salle sert
par ailleurs à des manifestations aussi variées
que lopéra, les conférences, les soirées
charitables, mais aussi les combats de boxe ou les spectacles
de magie. - 1897 : Massenet assiste à la première montpelliéraine de Thaïs. - 1900 : Camille Saint-Saëns dirige la première de sa Déjanire. - 1915 : Le Théâtre continue de fonctionner malgré la guerre, mais le nombre des représentations diminue de plus de moitié. Après larmistice de 1918, les opérettes représentent 90% des ouvrages nouveaux. - 1945 : La Gazette Théâtrale évoque " la décadence du théâtre", décadence qui ira en saccentuant après 1945. On peut en effet dire que de 1945 à 1980, il ne s'y passe presque rien en matière dart lyrique. - 1979 : Sous limpulsion du nouveau maire Georges Frêche, la fondation de lOrchestre de Montpellier marque la volonté municipale de relancer une véritable activité musicale de création. Parallèlement, en quelques années, le Festival Montpellier Danse et le Festival de Radio France voient le jour et le Centre Dramatique National commence à fonctionner - 1981 : Premier spectacle de re-création, Daphnis et Alcimadure, un opéra de chambre occitan de J.J. Cassanea de Mondonville. - 1983 : Un chur professionnel est constitué. - 1985 : Sous la direction générale dHenri Maier, lOpéra de Montpellier redevient un centre de création et de production lyrique, avec une saison complète. - 1988 : On fête le Centenaire de lOpéra Comédie avec une représentation des Huguenots enregistré par Erato. La ville de Montpellier et lOpéra de Montpellier proposent la création dune Organisation Européenne des Théâtres Lyriques (O.E.T.L.). LOpéra de Montpellier entre dans la Réunion des Théâtres Lyriques de France. - 1990 : La Ville de Montpellier inaugure son cinquième opéra, le premier à co-exister avec le précédent, lOpéra Berlioz au Corum (architecte : Claude Vasconi), une grande salle de 2000 places face à une vaste scène de 20 m douverture. -
2000 : René
Koering est nommé surintendant de la musique
à Montpellier et reprend la direction générale
des Opéras de Montpellier en même temps que celle
de l’Orchestre National de Montpellier. - 2001
: Fusion entre l’association de gestion des
Opéras de Montpellier et l’Orchestre National
de Montpellier. Création d’une nouvelle structure
qui prend l’appellation «Association de l’Opéra
National et de l’Orchestre National de Montpellier". - 2002 : Cette nouvelle association prend le nom de Euterp |
