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L’Opéra – Comédie, 1888.

Inauguré en 1888, l’Opéra Comédie, un grand théâtre à l’Italienne est l’œuvre de l’architecte Joseph-Marie Cassien-Bernard (1848 – 1926), élève de Charles Garnier. Le bâtiment suit la pente naturelle du terrain et affecte la forme d’un parallélépipède, plus étroit en façade qu’à l’arrière qui renferme une salle de concert dite Salle Molière de 350 places, perpendiculaire à la salle de spectacles, une tradition montpelliéraine déjà remarquée dans les deux théâtres précédents (1755 – 1785 et 1787 – 1881).

Le jeune architecte, soucieux d’apparat bourgeois, orne la façade de trois baies vitrées grandioses surplombant trois larges portes et un grand parvis, et coiffées d’une balustrade ornée de quatre statues représentant le Chant, la Poésie, la Tragédie et la Comédie, déposées depuis, et d’une horloge monumentale, confiées au sculpteur biterrois Antonin Injalbert (1845 – 1933), Grand Prix de Rome. Quatre autres sculpteurs, Auguste Baussan avignonnais, Alfred Avinaud, Arthur Jullian et Raymond Coste montpelliérains se partagent les sculptures du grand escalier, du grand et du petit vestibule et des quatre façades principales, postérieures et de côté.

Le Parvis

Un grand escalier de marbre blanc à double volute mène du petit vestibule au parvis de la première galerie, ici décoré de costumes lors d’une journée " Portes ouvertes " et démontre par sa présence somptuaire à quel point Cassien Bernard a compris la leçon de Garnier : l’opéra lieu de spectacle est aussi un lieu du " paraître ".

Pomme et costumes - parvis de la permière galerie

Le Lambrequin

Le lambrequin, portant la date de l’inauguration du théâtre, couronne le cadre de scène d’une hauteur de neuf mètres et d’une largeur de douze mètres quatre vingt. La scène, d’une surface totale de 440 m2, a bénéficié dés l’origine des derniers progrès techniques : bâtis métalliques soutenant les passerelles en bois (pour l’acoustique !) et électricité. La fosse, prévue à l’origine pour contenir cinquante musiciens, peut, par suite de travaux d’agrandissement réalisés en 1985, sous le nez de scène et non vers la salle, en accueillir 60.

Lambrequin

Depuis trois ans, la Ville de Montpellier a entrepris la rénovation de la grande salle : de nouveaux fauteuils fabriqués spécialement sur le modèle des originaux, légèrement agrandis pour le confort du spectateur d’aujourd’hui, remplacent peu à peu les sièges stylistiquement inacceptables, installés dans les années 60. La salle propose 1200 places comme la plupart des théâtres à l’Italienne français de la fin du XIXème siècle.

Fauteuils d'orchestre de l'Opéra Comédie

Un détail de l’un des fauteuils d’origine : plaquette émaillée portant le numéro de siège, affichage de son occupation.

Détail de l'un des fauteuils d'origine
La grande salle se développe sur cinq niveaux, du parterre, divisé par une travée centrale, à la quatrième galerie surmontée d’un plafond peint. Elle est dominée par un lustre de cristal au centre d’une coupole exécutée par le peintre marseillais Arnaud d’Urbec en conformité avec le motif imposé : " La Ville de Montpellier sous la figure d’une femme debout sur les degrés du temple de la gloire appelant à elle les poètes, les littérateurs et les musiciens, au dessus de l’ouverture de scène, plus loin, les danses de Languedoc, la danse du chevalet, la danse des treilles, les jeux floraux, la farandole… 
Grande salle de l'Opéra Comédie
Le lustre monumental de la grande salle ne s’abaisse pas dans la salle pour son entretien mensuel…
Lustre de la Grande salle
mais s’élève, grâce à deux demi coupoles mobiles, jusque dans la salle dite " du lustre ", où il se fixe au centre d’un échafaudage permanent facilitant l’accès des électriciens.
Salle du lustre - dôme de l'Opéra
Une des Pléiades de la Voix Lactée, un tableau de dix neuf mètres par cinq, qui orne le plafond du Grand Foyer. On doit ce fleuve monumental et aérien de femmes nues au front étoilé à Ernest Michel (1833 – 1902), Grand Prix de Rome en 1860, conservateur de Musée et directeur des Beaux-Arts de Montpellier
Le Jour symbolisé par le Char d’Apollon
C’est à lui aussi qu’est confiée la décoration des trois coupoles du grand escalier : il choisit de représenter l’Aurore, une nymphe qui se dévoile au chant du coq, le Jour symbolisé par le Char d’Apollon et la Nuit, une autre nymphe qui s’éveille au chant d’un troubadour.
Une des 8 fresques ornant les murs du Grand Foyer : La Danse
Les 8 fresques ornant les murs du Grand Foyer sont confiées, après concours, à de jeunes artistes montpelliérains anciens élèves des Beaux Arts. Elles représentent la Danse, la Pastorale, la Poésie, la Comédie, le Chant, l’Histoire, la Musique et la Tragédie.
Depuis 1990, la ville de Montpellier s’est dotée d’une deuxième salle d’Opéra, au sein du Corum : le bâtiment conçu par l’architecte Claude Vasconi, enchâsse, dans de vastes surfaces d’accueil, trois salles aux fonctions multiples : Einstein, la plus petite, comprend 318 places, Pasteur en propose 800 et l’Opéra Berlioz atteint 2000 places.
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L’Opéra Berlioz, doté d’une vaste scène de 810 m2, d’une ouverture de 20 mètres, accueille conventions et congrès, mais constitue aussi l’auditorium de l’Orchestre national Montpellier et un deuxième lieu privilégié pour l’activité de l'Opéra National de Montpellier, grâce à une acoustique et une visibilité parfaites, dans le cadre chaleureux d’une salle en granit rose et bois blond, développant un grand parterre incliné, un vaste balcon et six rangs de loges et synthétisant la fonctionnalité d’une architecture moderne et l’intimité d’un théâtre traditionnel.
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